J'ai suivi mon mari au Tchad en ne connaissant rien de l'Afrique. Je ne me susi pas posé de questions, j'ai choisi cet homme et nous allions où il prenait son poste. Moi aussi je pouvais exercer
là-bas, c'était simple.
Cependant, malgré l'aide domestique dans ce pays, gérer les enfants, la maisonnée et mon travail est vite devenu éreintant.
Je me souviens qu'à une époque mon mari rentrait tard le soir. Je ne supportais plus la situation ni de tout gérer. Je suis allée me réfugier chez ma belle-mère qui m'a accueillie à bras
ouvert.
Mon mari venait me cherchait sans relâche pour rentrer au domicile conjugal. Sa mère le chassait à chaque fois avec son balai et disait: "laisse la tranquille, elle se repose ici!"
Finalement mon mari est allé chercher des musiciens et griots qui sont venus chanter les louanges de ma belle-mère et les miennes. Le quartier était ravi de la distraction, et moi estomaquée de son
ingéniosité. Et puis il avait du charme.
Ma belle-mère Binon m'a dit alors : "écoute ma fille, cette fois-ci il nous a honoré toutes les deux et devant tous. Je ne peux pas continuer à te garder. Ton rôle est auprès de lui et ce ne serait
pas bien de continuer à l'éprouver."
J'étais comblée de toutes les façons parce que j'avais trouvé une vraie mère chaleureuse et compréhensive, moi qui ai perdu la mienne à 15 ans.
Elle m'a nommée
Danassour en langue Ngambay du Tchad, ce qui veut dire "toujours tout droit", la droiture en fait.
L'une de ses belles-filles
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